Alan Bennett est un très grand monsieur de la télévision, du cinéma, du théâtre et du roman anglais. Cet auteur, touche à tout, également très bon acteur, sait parfaitement décrypter la psychologie humaine, avec ce mélange impitoyable d’humour, de tendresse et de hargne.

« Talking heads » est une série de portraits sous forme de monologues en plan fixes diffusés sur BBC One en 1988 et 1998. Un trésor comme seule la télévision britannique est capable d’en produire. Depuis, ces têtes parlantes sont devenues de véritables classiques sur les planches des théâtres du monde entier.

Depuis avril, les têtes sont à Paris (d’abord au Théâtre du rond point) et à présent au théatre de Marigny depuis le 12 juin et jusqu’au 18 juillet.

L’adaptation signée Jean-Marie Besset a été saluée par les médias.

Voici un passage intéressant d’un article paru dans l’Express à l’occasion de l’avant première de « Talking heads » version 2009 et qui résume bien le mythe « Talking heads » : « Mais qu’est-ce qui fait le succès d’Alan Bennett ? L’art du dialogue joint à un sens du rire étranglé, certainement. Selon son traducteur, Jean-Marie Besset, « sa parfaite familiarité avec l’Angleterre et son oreille comique sont mises à l’unisson d’une recherche plus intime, de quelque chose d’enfoui, de savoureux et de douloureux, du côté de cette province du Nord où il a passé ses jeunes années ». Car ce fils d’un boucher du Yorkshire, terre industrielle où perdure l’élevage du cochon, puise dans ses souvenirs enfantins pour retrouver les mots justes. Homosexuel discret, proustien dans l’âme, comme Harold Pinter, le scénariste de Porc royal, de Malcolm Mowbray, ou de Prick up Your Ears, de Stephen Frears, oscille un temps entre les ordres et la carrière de médiéviste, avant de choisir l’écriture dramatique avec une série de sketchs poilants, plébiscités à Londres, puis à Broadway. Et le théâtre vint, bien servi par John Gielgud ou Alec Guinness, puis par Annie Girardot et Tsilla Chelton, qui l’introduisirent en France, en 1971. Lui n’a pas changé d’avis : « La vie est comme une boîte de sardines. On en cherche toujours la clef. » »

Le site du théâtre de Marigny

Le DVD de la série originale, un must (en VO avec des sous titres anglais)

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